Tchad : La marche pacifique du 25 janvier 2018

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Ce 25 janvier 2018, la population tchadienne, particulièrement celle qui vivent dans la capitale ont exprimé leur ras-le-bol envers le gouvernement avec une marche pacifique organisé par la société civile et la CTDDH (Convention Tchadienne pour la Défense des Droits de l’Homme au Tchad). Comme d’habitude, la marche pacifique a été interdite par le gouvernement tchadien, énième fois. Certaines organisation de la société civile, organisatrices de la marche ont abandonné la marche après une rencontre avec les autorités tchadienne. Mais la CTDDH (Convention Tchadienne pour la Défense des Droits de l’Homme) au Tchad et le Collectif tchadien contre la vie chère (CTCV), le mouvement IYINA et la plateforme regroupant trois grands syndicats (UST, CIST et SYNECS) ont maintenu la marche ce 25 janvier.

En tête de la marche, un homme à la quarantaine, Mahamat Nour Ibedou, celui qui a claqué la porte lors du rencontre (qui a pour but d’annuler la marche) entre les autorités tchadienne,  gagne la confiance de la population tchadienne, particulièrement celle de la pour sa lutte et sa loyauté envers ses engagements.

Ibangolo Abel Maina, activiste, le fait de lui l’homme de semaine.

Ibedou, l’homme de la semaine

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Il est facile de monter dans l’estime des hommes et des femmes du Tchad sur la base d’un rien. Il suffit de se positionner au bon moment, prenant parti des opprimés et surtout en disant NON aux oppresseurs.

Par une simple publication sur son profil Facebook (même pas un communiqué radio) hier soir après la rencontre avec le ministre de l’intérieur et les responsables de la sécurité publique au Tchad, Mahamat Nour Ibedou est devenu la personnalité publique Tchadienne la plus suivie et en même temps, le leader dont la jeunesse Tchadienne et le peuple Tchadien a désormais le regard tourné vers lui pour prendre la tête de ce qui pourrait faire reculer le dictateur et sanguinaire Idriss Deby Itno.

Mahamat Nour Ibedou, la cinquantaine avec des cheveux parsemés de poivres est un homme de conviction et surtout un combattant pour la défense des droits humains au Tchad depuis quelques années.

Inconnu du public Tchadien jusqu’en 2014, Mahamat Nour Ibedou s’est fait remarquer avec son organisation dénommé Convention Tchadienne pour la Défense des Droits de l’Homme au Tchad (CTDDH) avec laquelle il est actif sur toutes les questions de droits humains et surtout sa collaboration dans la création de tous les mouvements citoyens depuis Novembre 2014.

Fonctionnaire de l’Etat, travaillant au ministère de l’économie et des Finances, Mahamat Nour Ahmed Ibedou père de famille n’hésite pas à se mettre au premier rang durant les manifestations en leader exemplaire. Sa prise de position et son héroïsme lui ont valu d’être emprisonné plusieurs mois avec d’autres camarades en 2016.

Malgré sa santé très fragile, Ibedou reste un guerrier incontestable comme ses ancêtres du Tchad qui partir en 1940 accompagnés le Général Leclerc à la tête de la 3ème division blindées pour libérer la France et surtout comme l’ont été dans toutes les révolutions et les combats historiques au Tchad.

Combien de leaders se lèveront dans la matinée du 25 janvier pour entourer Mahamat Nour Ahmed Ibedou durant la marche pacifique prévue pour le 25 janvier?

En tout cas, bravo à cet héros qui a refusé de signer l’accord imposé par le ministre de l’intérieur en lui disant que la marche sera maintenue tant que le gouvernement ne retire pas ses mesures anti-sociales.

Comme quoi, il ne faut pas 12 millions de personnes pour être un héros. Il suffit d’être du bon côté de l’histoire et Ibedou a apparemment compris. Écrit

Arrestation et torture lors de la manifestation

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Lors de la marche pacifique, connue par leurs actes de torture et des arrestations illégales, la police n’a pas manqué de lancer des gaz lacrymogènes aux jeunes qui marchent pacifiquement pour exprimer leurs ras-le-bol de la cherté de vie, de la fameuse 16 mesures tonitruantes, du probable coupe des salaires des fonctionnaires et de la hausse du prix de carburant.
Plusieurs manifestants ont été blessé, dont le journaliste Djimet Wiche du site d’information Alwihdainfo a été violemment pris à partie par deux policiers qui lui ont donné une gifle et asséné des coups de poing avant de le trainer par terre sur une distance d’environ 100 mètres.

Selon  Amnesty International, En réaction à la dispersion violente ce matin d’une manifestation pacifique de la société civile dont au moins trois membres sont arrêtés dans la capitale tchadienne N’djamena. Alioune Tine, directeur régional pour l’Afrique occidentale et centrale à Amnesty International a déclaré :
« La dispersion violente de la manifestation pacifique de ce matin, l’arrestation de responsables de la société civile et l’agression contre un journaliste montrent que les autorités tchadiennes ne sont pas prêtes à mettre un terme à la répression et à la censure.». Il ajoute que «Toutes les personnes arrêtées n’auraient jamais dû l’être. Elles n’ont fait qu’exercer leur droit à participer à une manifestation pacifique et non violente et doivent immédiatement être libérées sans conditions»

Nous rappelons à la communauté internationale que les détenus illégalement sont exposés aux tortures et condition des détention médiocre, exécrable. Garba Ahmat Dogo, Abdelbassit Mahamat Ali Acyl et Ahmat Hassaballah de la Convention tchadienne pour la défense des droits humains (CTDDH) sont toujours entre les mains des forces de sécurité. Ils ont marché pacifiquement, en respectant la constitution tchadienne ( voire l’article 27).

Coupure d’Internet, implication et violation flagrante du droit à la liberté d’expression des opérateurs de téléphonie mobile

À l’instar d’autre pays d’Afrique Centrale, la coupure d’Internet est devenu la méthode moderne d’étouffer les regroupement des jeunes, le partage et la diffusion des informations par masse. Cela se fait en connivence avec les opérateurs de téléphonie mobile qui continuent de contribuer à la mort brusque et lente de la démocratie et de la liberté d’expression, aussi et surtout à la déclaration Universelle des droits de l’homme. Vers 4h et 5h du matin, les opérateurs de téléphonie mobile Tigo a envoyé des messages interdisant la marche pacifique.
C’est pourquoi après la marche du 25 janvier 2018, Alioune Tine, directeur régional pour l’Afrique occidentale et centrale à Amnesty a mentionné que «La restriction de l’accès à Internet tout comme l’ordre donné aux opérateurs de téléphonie mobile d’envoyer des messages informant de l’interdiction d’une manifestation pacifique, constituent une violation flagrante du droit à la liberté d’expression qui implique le droit à rechercher et recevoir les informations par quelque moyen que ce soit.»

Témoignage d’un jeune activiste, participant à la marche

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Pour conclure ce billet, je vous laisse lire le message de Aissadji Aimé, jeune activiste qui a participé à la marche pacifique organisé par la société civile et la CTDDH. «Ce 25 janvier 2018, nous avons démontré à ce régime qui ne cesse de nous terroriser, que rien, ni personne ne pourra empêcher le peuple tchadien à exprimer sa colère. Malgré l’interdiction de la marche, nous étions sorti et je salut le courage de ces jeunes de partout et ceux du 9e arrondissement en particulier. Nous avons tous le droit dans ce pays, la constitution nous le dicte. Deby nous interdit le fagot et nous oblige à acheter le gaz qui est vendu par ses parents et courtisans, il veut réduire encore le maigre salaire des fonctionnaires tout en augmentant le prix du carburant.
Nous allons continuer par d’autres actions tant que ce régime ne respectera pas le peuple» martèle le jeune activiste.

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